Promotion du film Nos enfants nous accuseront
Actualité Cholet
mardi 24 février 2009
« On empoisonne nos enfants au quotidien »
Jean-Paul Jaud, réalisateur du film-documentaire Nos enfants nous accuseront, était, hier soir, à Cholet. Il dénonce l'agrochimie et prône les vertus du bio.
Entretien avec Jean-Paul Jaud, réalisateur du film Nos enfants nous accuseront, projeté toute la semaine au Rex.
Pourquoi ce film ? « Depuis que je suis enfant, j'ai la fibre écologiste. J'ai tout le temps fait des films sur l'environnement, la nature. Pour Canal +, j'ai travaillé sur le documentaire Quatre saisons en France qui était un hommage au patrimoine naturel français.Et puis, il y a cinq ans, j'ai été victime d'un cancer du colon. Alors que je pensais avoir une vie saine, j'ai réalisé que je me suis empoisonné pendant des années du fait de mon alimentation. Quand on est sur son lit d'hôpital et qu'on côtoie la mort, on se dit : Qu'est ce que je peux faire. Mon métier, c'est cinéaste. Alors, j'ai décidé de braquer ma caméra sur les vrais problèmes. »
Les dangers de l'agriculture chimique. « On massacre notre patrimoine. On empoisonne nos enfants au quotidien. 70 % des cancers sont dus à l'environnement, 40 % à notre alimentation. L'agriculture conventionnelle est chimique et mortifère. C'est un constat qui est dur mais réaliste, et qu'il est nécessaire de faire. Pour le film, j'ai voulu interroger les industries phytosanitaires, Monsanto notamment. Elles ont refusé de témoigner. Ce qui peut nous sauver, c'est l'agriculture de proximité et bio. Mais il faut savoir que seules 2 % des terres en France sont consacrées au bio. »
Le bio cher, une idée fausse. « C'est un leitmotiv. Mais, c'est faux. D'une part, manger bio, cela veut dire manger moins de viande. Donc pour moins cher. En outre, on achète différemment. On achète l'essentiel. Enfin, les produits bio nourrissent mieux que les aliments conventionnels. Les producteurs bio doivent payer pour avoir le label AB (agriculture biologique). C'est une aberration. En fait, on donne de l'argent, des subventions, par le biais de la Pac (politique agricole commune) à ceux qui polluent le plus, aux exploitations de maïs par exemple. »
Le public réceptif. « Je vais un peu partout en France pour parler du film. A chaque fois, les salles sont pleines. On a dépassé les 130 000 entrées depuis la sortie du film en décembre. Il y a vraiment une prise de conscience des citoyens. »
Une suite à ce documentaire. « Elle est prévue pour 2010 afin de voir comment la situation a évolué à Barjac. Je veux mettre le doigt sur d'autres problèmes : les OGM, les cosmétiques... On vit dans un monde de molécules chimiques de synthèse. Il faut arrêter ça. Il y a urgence. Les politiques annoncent des choses, mais les actes ne suivent pas les paroles. »
Recueilli par Aurélie RICHARD.









