Nos enfants nous accuseront - le film
Après la projection du film « Nos enfants nous accuseront », un débat riche et animé a eu lieu autour de l'agriculture bio et de l'introduction du bio dans les cantines scolaires.
SIMON CAENEN > correspondant local
Vendredi soir, au cinéma de Bousbecque, la diffusion du film Nos enfants nous accuseront a été suivie de nombreux applaudissements et d'un débat animé qui a duré jusqu'à minuit. Il faut dire que ce reportage retraçant l'épopée du petit village de Barjac qui a fait le choix d'avoir une cantine scolaire 100 % bio a éveillé, ou réveillé, la fibre écologique de la plupart des spectateurs venus en nombre.
Une salle comble donc, mais aussi un public comblé par le message du film : du bio dans nos assiettes. « Et vite » avaient envie de dire les spectateurs après cette cascade de vérités dévoilées à propos des produits que nous consommons. Les pesticides sont les premiers ennemis dénoncés. Dans le reportage, après leur utilisation, l'agriculteur a systématiquement des saignements de nez. Et ce malgré une combinaison de protection digne d'un cosmonaute. Les secondes victimes, ce sont les consommateurs. Le film n'oublie pas de le rappeler à travers quelques exemples qui font froid dans le dos. Lorsque vous mangez des haricots verts en boîte, vous ingurgitez des pesticides, du nitrate et des métaux lourds. Si grâce à cette agriculture intensive le consommateur peut manger à sa faim, il mange mal.
Comment expliquer que les écoliers de la vallée de la Lys n'aient pas tous des aliments issus de l'agriculture biologique dans leurs assiettes ? Pourquoi seulement 0,4 % des terres produisent bio dans le Nord-Pas-de-Calais ? « Ce documentaire soulève des questions » glisse Donatienne Galliot membre de PLAINE et à l'origine du projet. Des interrogations qui appellent à des réponses variées. « A mon avis, on peut nourrir la planète avec le bio » affirme Vincent Wickaert, vice-président de l'association Aprobio. Des propos à mille lieux de ceux d'un agriculteur bousbecquois au coeur du débat : « Pour nous, le bio est une utopie, ici c'est différent ». Car la vallée de la Lys n'est pas Barjac. Le climat n'est pas le même et les sols sont pollués par la dioxine. Des contraintes locales inéluctables ? Ou un manque d'intérêt pour le bio ? Vincent Wickaert penche pour la deuxième solution en soulignant « le peu de moyens mis en oeuvre ». Toutefois, les 750 000 repas biologiques servis cette année dans le Nord-Pas-de-Calais sont le signe que l'alimentation bio commence à faire son chemin. Et, la présence d'élus de Linselles, Bousbecque et Roncq qui ont probablement ressenti l'élan écolo qui planait dans le cinéma bousbecquois plein à craquer, ouvre peut-être la voie à une alimentation bio dans la vallée de la Lys.








