Aquitaine: MAUZAC-ET-GRAND-CASTANG.
La ferme-école du centre de détention de Mauzac va vendre ses légumes bio.
Les mauvaises graines ont beau avoir été envoyées pour plusieurs années derrière les barreaux, cela ne les empêche pas de garder la main verte. Il faut aussi penser à l'avenir, avec la sortie et l'espoir de débuter une nouvelle vie... Mais que faire, une fois dehors, après avoir quitté le centre de détention ? La réinsertion, toujours délicate après un passage dans les prisons françaises, prend à la ferme-école de Mauzac du centre de détention de Mauzac une nouvelle dimension.
Bientôt, les légumes issus de l'agriculture biologique que vous trouverez dans les magasins Biocoop ou au restaurant scolaire de certains collèges de la région auront peut-être été cultivés à l'ombre, par des détenus qui auront reçu une formation spécifique. Car dans les serres, tomates, poireaux, salades bio seront bientôt mises sur le marché.
Un lien avec l'extérieur
Depuis dix-sept ans, la ferme-école, c'était la possibilité pour les détenus volontaires et en fin de peine de préparer un CAP horticulture reconnu par le ministère de l'Agriculture. Les 52 hectares du domaine agricole permettaient d'accueillir une cinquantaine de détenus.
Aujourd'hui, un nouveau programme est lancé par le centre de détention, avec la participation de deux associations, l'Association formation avenir conseil (Afac 24) et l'association Placements extérieurs et services 24 (Apes 24).
Marie Bruffaerts, responsable de la section travail à la Direction interrégionale des services pénitentiaires, soutient avec enthousiasme l'initiative : « Dans le cadre du projet européen Equal (qui finance des programmes pour une meilleure cohésion sociale), on voulait recréer un lien avec l'extérieur, pour préparer les détenus à la réinsertion et leur permettre de reprendre pieds plus rapidement. On a rencontré des entreprises, pour qu'en plus de la formation en agriculture, on puisse mettre en place une concession pour vendre les légumes bio qui seront cultivés dans la ferme école. C'est une véritable entreprise, les détenus seront payés, mais comme nous sommes une association 1901, il n'y aura pas d'enrichissement. »
Source: www.sudouest.com








